Exposition : VIVE LES VACANCES ! Histoire photographique du tourisme populaire sur l’île

du 18 octobre au 1er novembre 2026 – Salle de l’Atelier à L’ÉPINE
L’association « Mémoires du sel » fête cette année son 10ème anniversaire ! S’appuyant sur le travail de
collecte de photographies, documents et témoignages réalisé par ses adhérents ou sympathisants
depuis sa création en 2016, elle propose cette année une exposition mettant en valeur l’histoire du
tourisme populaire dans l’île de Noirmoutier et son inscription profonde dans la mémoire sociale. La
sélection des 200 photographies présentées couvre une période allant de la fin du XIXème siècle au
début des années 1980. Elle est donc aussi une histoire de la photographie et de sa place dans la
société.
Cette exposition constitue une proposition de mémoire collective, elle a été réalisée grâce à la confiance
et à la générosité des personnes, familles et collectionneurs, qui ont bien voulu prêter les documents
originaux de leurs archives privées pour en permettre la numérisation, le retirage et la présentation.
Si le premier tourisme balnéaire noirmoutrin, à la fin du XIXème siècle, a d’abord été réservé aux
classes sociales privilégiées, ayant déjà fait l’objet de travaux de mise en valeur culturelle, cette
exposition « VIVE LES VACANCES ! Histoire photographique du tourisme populaire sur l’île de
Noirmoutier » souhaite montrer, pour la première fois sur l’île, comment les joies des vacances à la mer
se sont progressivement ouvertes au plus grand nombre et, par la mutiplication des contacts, a favorisé
l’ouverture et la mixité de la société traditionnelle, ainsi que l’évolution des mentalités.
Un tourisme populaire s’est ainsi développé sur l’île à partir du début du XXème siècle, pour des motifs
de santé publique, dans le cadre « d’aériums ou préventoriums », puis entre-deux guerres, au sein de
colonies de vacances, catholiques ou laïques, ajoutant à ces buts de santé publique, l’inspiration de
valeurs morales humanistes et d’éducation populaire. Enfin, après la deuxième guerre mondiale, se
développe un nouveau type de colonies de vacances dans le cadre de l’action sociale de villes ou de
grandes entreprises publiques ou privées.
Les lois sociales votées en 1936 sous le gouvernement du « Front Populaire », particulièrement celle du
20 juin 1936 sur les congés payés, ouvrent le droit aux vacances aux catégories ouvrières, pendant que
la création d’un Sous-Secrétariat d’État à l’Organisation des Loisirs et des Sports, rattaché au Ministère
de la Santé publique, organise à grande échelle la démocratisation des sports et des loisirs.
Le tourisme populaire prend donc ses sources dans l’entre-deux guerres, mais ne se développe
vraiment dans l’île de Noirmoutier qu’à partir des années 1950-60, s’accélèrant après la construction du
pont en 1971, pour prendre progressivement une part prépondérante dans l’activité et l’économie de l’île.
C’est ainsi que, parallèlement à la multiplication et à la modernisation des moyens de transports
maritimes et terrestres, désenclavant l’île, le camping se développe et se structure, à la fois spatialement
et économiquement, prenant une place centrale en tant que forme populaire du tourisme littoral.
L’exposition montre comment, dans tous les secteurs de l’île, dunaires ou agricoles, jusque dans les
cours des fermes, le premier camping familial, ainsi que l’hébergement locatif, rencontrent intimement la
société traditionnelle qui voit dans ces relations nouvelles à la fois son intérêt économique et humain.
Les photographies issues des archives familiales représentent plus d’un tiers de l’ensemble présenté.
Elles permettent de rendre compte du quotidien des colonies de vacances des années 1930, des
conditions matérielles du premier développement du camping en famille immédiatement après 1945, et
de l’intensité des contacts et des liens entre touristes et insulaires.
La carte postale constitue plus de la moitié des clichés. Elle est le témoin central de plus d’un siècle
d’histoire et d’évolution économique et sociale du tourisme sur l’île car la population touristique participe
à la diffusion de ses images et se reconnait dans leur capacité à être le miroir de ses souvenirs.
À l’heure où le tourisme est devenu à la fois une ressource essentielle de l’économie de l’île de
Noirmoutier et une question de société, cette exposition propose de revisiter l’histoire du sujet comme
une histoire sociale des rencontres et des liens, de la qualité des « premiers contacts » aux liens durables
noués par les familles noirmoutrines traditionnelles avec les premiers vacanciers.
Ainsi l’histoire populaire des vacances permet de se souvenir d’une époque heureuse et de montrer
comment les vacances peuvent « faire société ».